Premier sommet européen de l’éducation

Le 25 janvier dernier j’ai eu l’honneur d’être invité au premier sommet européen de l’éducation, organisé par la commission européenne, d’y rencontrer M. Blaquer, Ministre de l’éducation nationale en France et d’y mener un workshop pour présenter Science on Stage.

A cette occasion j’ai également été interviewé par Mme Ismini Georgiadi, de Européen Schoolnet, la plateforme pour l’éducation de la Commission Européenne, qui m’a demandé de répondre à quelques questions et de présenter Science on Stage Europe :

Festivals et ateliers, politique et continuité, cours et ressources – Jean-Luc Richter a parlé de différents aspects des sciences lorsque nous l’avons interviewé lors du sommet de l’éducation. En tant que vice-président de Science on Stage France (une branche de Science on Stage) et enseignant de physique et de chimie au Lycée Jean-Baptiste Schwilgué, il a examiné l’enseignement des sciences depuis plusieurs angles.

Quels sont les principaux défis auxquels les enseignants de sciences sont confrontés ?

Pour rendre les sciences intéressantes, il faut s’amuser avec les élèves, sans pour autant perdre de vue le contexte scientifique sous-jacent, qui n’est pas toujours facile à expliquer. Il ne faut donc pas trop le simplifier, ce qui peut s’avérer difficile, car on n’a pas le temps de préparer des expériences. Dans certains pays, comme l’Allemagne, les enseignants sont livrés à eux-mêmes, car personne ne les aide à mettre en place des expériences. Lorsqu’on ne dispose que de cinq minutes entre deux cours pour préparer une expérience pratique pour les élèves, c’est difficilement faisable. Les enseignants ont besoin de plus de temps, notamment pour se former, car ils doivent se tenir informés des découvertes de la science.

Qu’est-ce que « Science on Stage » ??

Science on Stage est un réseau. Il compte actuellement 32 pays, pour la majeure partie l’Europe et le Canada, et existe depuis plus de dix ans. Dans chaque pays, les meilleurs projets sont sélectionnés, et sont alors présentés lors du festival européen. Un petit concours y est organisé, mais ce qui importe, ce n’est pas le concours en soi, mais le fait de partager. Les enseignants partagent les expériences entre eux et lorsqu’ils rentrent chez eux, ils peuvent mener des activités de suivi, se rencontrer à nouveau et développer de nouveaux projets. Ils peuvent participer à des ateliers. Au cours des deux dernières années, nous avons mené près de 170 ateliers. Nous produisons des ressources d’enseignement, que nous regroupons dans des livrets téléchargeables et distribuons aux enseignants qui assistent aux ateliers.

Comment favorisez-vous la continuité entre l’enseignement des sciences dans le primaire et le secondaire ?

L’une des choses qu’il faut faire, et nous l’avons fait dans notre dernier projet de codage, dont nous faisons la promotion actuellement, c’est inviter les enseignants du secondaire à travailler ensemble sur des sujets communs. Cela leur permet d’apprendre les uns des autres. Lors de nos festivals, tous les enseignants, quel que soit leur niveau d’enseignement, travaillent ensemble. Cela permet aux enseignants du secondaire de voir ce que les enseignants du primaire font, et aux enseignants du primaire de voir ce que les enseignants du secondaire ou ceux de niveaux d’éducation supérieurs font. Et nous invitons des universitaires, qui interviennent lors de conférences, pour que tout le monde puisse découvrir les dernières avancées scientifiques.

Quelles mesures peuvent être prises au niveau politique pour améliorer l’enseignement des sciences ?

L’enseignant est un pilier fondamental. Il faut donc veiller à bien former les enseignants et à leur laisser le temps de se développer professionnellement. Et il faut leur offrir la possibilité d’assister à des ateliers. Par exemple, lorsque nous organisons des formations d’enseignants, il arrive que des directeurs d’école disent : « Non, vous avez une heure de cours à donner, vous ne pouvez pas assister à une journée entière d’ateliers.» Je pense qu’il est très important de laisser aux enseignants le temps de se développer, d’obtenir les meilleures expériences et de partager les meilleures pratiques. Il faut aussi garder l’esprit qu’on ne peut pas se contenter de réduire les coûts. L’éducation ne se mesure pas en termes de coûts. L’éducation, c’est un investissement dans l’avenir.