Sommet International de la Profession Enseignante 2016

Le mercredi 2 mars 2016 j’ai eu la chance d’être invité par Science on Stage Europe (http://www.science-on-stage.eu) pour participer au pré-Sommet International de la Profession Enseignante 2016 à Berlin (http://www.istp2016.org).

Laurence Nodder, CEO, UWC Robert Bosch College (Stuttgart, Germany)

Introduction par le ministre de l’éducation du land de Berlin

Durant cette première édition de cette pré journée, environ 70 enseignants du monde entier (j’étais le seul français !) ont échangé et discuté (en anglais) sur de grands sujets relatifs à notre pratique professionnelle et établi des pistes pour améliorer nos conditions de travail, la reconnaissance de notre métier et, donc, notre impact sur les élèves dans un monde en pleine mutation.

Trois grands thèmes ont été abordés :

  • L’entrée dans le métier, la formation initiale, l’attractivité du métier…
  • La formation continue et l’adaptation aux défis de demain : nouvelles compétences nécessaires pour nos élèves dans un monde en mutation, intégration des réfugiés…
  • L’évolution de nos pratiques avec les nouvelles technologies, la collaboration entre enseignants, les échanges internationaux dans notre enseignement…

Après une journée complète de travail fructueux et d’échanges passionnants, le bilan de nos travaux a été remis les 3 et 4 mars à l’ensemble des ministres de l’OCDE lors de la conférence des ministres de l’éducation … à laquelle on m’a dit que la France, invitée, ne s’est pas rendue !!!

Interview

En milieu de journée, j’ai été interviewé par une journaliste du Tagesspiegel (http://www.tagesspiegel.de), un grand quotidien de Berlin :

 

Umfrage_beim_Lehrerkongress_in_Berlin__Ein_Physik-Lehrer_aus_Frankreich_-_Wissen_-_Tagesspiegel

Article suite à mon Interview dans le Tagespiegel de Berlin (lien direct)

Voici une traduction de cette interview :

Jean-Luc Richter, 47, enseigne la physique et la chimie dans une école secondaire à Marckolsheim, France

J’ai l’impression que, en France, chaque nouveau ministre veut laisser son empreinte dans le système éducatif. Voilà pourquoi il y a souvent des nouvelles réformes, peu satisfaisantes. Par exemple, des programmes surchargés ou peu pertinents ont été élaboré et sont difficile à mettre en œuvre dans la pratique (Note : je pense ici aux EPI ou à l’AP de la réforme du collège 2016 *). Ce que doit être notre enseignement est alors élaboré de façon pyramidale, de haut en bas.  Ce dont nous avons vraiment besoin est complètement oublié: Des classes moins chargées, assez de temps pour la préparation des cours et de la souplesse dans les programmes pour répondre à l’individualisation nécessaire au bénéfice de nos étudiants.

Pour savoir ce qui est bon pour l’école, les politiciens doivent donc communiquer davantage avec nous. Les enseignants devraient être considérés comme les vrais experts de l’éducation dans les organes de prise de décision, en matière de réformes importantes. Mais même dans les écoles, je souhaite une culture de prise de décision plus démocratique. Les directeurs devraient être plutôt des coordonnateurs que des chefs d’établissement. Pour les élèves, des collèges gérés collégialement serait un bon modèle. Si nous voulons les éduquer à devenir des citoyens dans nos démocraties, nous ne devrions pas leur donner l’exemple d’une structure scolaire autoritaire.

Il y aurait encore beaucoup à dire et la journaliste n’a retenu que quelques phrases d’une interview qui a duré une heure, mais le résultat est fidèle à ce dont nous avons discuté.

* Pour plus d’information sur les EPI et l’AP, reportez-vous au site qui explique la réforme du collège 2016.

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